Le droit d’auteur permet à l’auteur d’une œuvre (texte, image, vidéo, objet…) d’en contrôler l’utilisation et la distribution.

Si vous créez une œuvre originale, vous disposez immédiatement de plusieurs droits sur cette œuvre, sans avoir besoin de faire un enregistrement officiel, notamment :

  • Droit de divulgation : vous pouvez décider si votre œuvre peut-être diffusée au public et à quel moment.
  • Droit d’intégrité : vous pouvez vous opposer à toute modification de votre œuvre qui porterait atteinte à votre honneur.
  • Droit de reproduction : vous contrôlez la copie de votre œuvre sur un support physique (impression sur un livre, un DVD, un tee-shirt…). Vous pouvez donc autoriser la copie contre une rémunération.
  • Droit de représentation : vous contrôlez l’exposition de votre œuvre au public (au théâtre, au cinéma, sur un site web, dans une exposition…). Vous pouvez donc autoriser l’exposition contre une rémunération.
  • Droit de paternité : un utilisateur doit mentionner votre nom et indiquer que vous êtes l’auteur de l’œuvre.
  • Droit de retrait : vous pouvez retirer votre œuvre du commerce, sous certaines conditions.
  • Droit de suite : si votre œuvre est non reproductible (tableau ou sculpture), vous avez droit à une rémunération à chaque fois qu’elle est vendue à un nouveau propriétaire.

L’ensemble de ces droits forment le droit d’auteur. Ils vous permettent de contrôler l’utilisation de votre œuvre et d’être rémunéré pour votre travail de création.

A noter qu’une idée n’est pas protégée par le droit d’auteur, seulement la façon dont vous l’exprimez (sous forme d’écrit, d’image, de vidéo, d’objet…)

En théorie, vous disposez donc d’un contrôle total sur votre œuvre et c’est merveilleux. En pratique, les choses sont un peu plus compliquées que ça 😅

Je vais vous raconter 3 histoires étonnantes qui illustrent pourquoi le droit d’auteur n’est pas toujours simple :

  1. Le piratage de la musique
  2. Le selfies du singe
  3. Mickey

1) Le piratage de la musique

Si vous étiez chanteur à succès avant 1963, l’application de vos droits d’auteur sur vos chansons était assez simple pour deux raisons :

  1. Les copies de vos chansons sur des disques vinyles n’étaient possibles que par quelques industriels. Il était donc facile d’appliquer votre droit de reproduction (rémunération à chaque copie).
  2. L’utilisation de vos chansons n’était possible que par quelques radios et chaines de télévision. Il était donc facile d’appliquer votre droit de représentation (rémunération à chaque diffusion).
Jusqu’en 1963, le disque vinyle est le principal moyen d’acheter de la musique (@Vika_Glitter)

Mais il y avait une grosse contrepartie : il était très difficile à l’époque de faire connaître sa musique au grand public. Quelques personnes avait quasiment un monopole sur l’industrie de la chanson : les majors companies. Cela leur conférait un grand pouvoir sur les artistes musicaux qui ne pouvaient pas s’en passer pour atteindre le succès.

En 1963, les choses changent : la cassette audio est créée et elle permet à tout le monde d’enregistrer les chansons à la radio et de les copier en de nombreux exemplaires. Les artistes musicaux et les majors companies vont alors commencer à perdre le contrôle sur la musique.

La cassette audio permet d’enregistrer et de copier facilement la musique (@BRRT)

Au fil des décennies, ce phénomène ne cessera de s’amplifier car le coût des copies et de leur diffusion va diminuer de plus en plus :

  • Dans les années 90, la copie des CD de musique est quasiment gratuite.
  • Dans année 2000, la technologie MP3 va permettre de copier des centaines de chansons sur 1 seul CD.
  • A la même époque, la démocratisation de l’Internet haut débit (ADSL) va permettre de diffuser les chansons sans aucune limite.

Différentes lois ont été mises en place pour tenter de limiter la copie illégale (loi ADOPI en France), mais, aujourd’hui, le piratage des chansons est quasiment hors de contrôle. N’importe qui souhaitant écouter de la musique sans contrepartie peut le faire en quelques clics et quasiment sans risque. Pour les majors companies, c’est un coup dur : elles ne sont plus des intermédiaires indispensables. Elles ont nettement perdues leur pouvoir (et leur revenus) au fils des décennies.

Pour les artistes, la situation est plus nuancée : la diffusion quasiment gratuite et sans intermédiaire de leurs chansons offre à chacun la possibilité de faire connaître son talent, en disposant d’une visibilité illimitée et gratuite. Cette visibilité est monétisable sous forme de concerts, de ventes d’objets collectors, de produits dérivés (T-shirt, posters, accessoires, biographies…), etc.

Aujourd’hui, les plateformes de streaming légales (comme YouTube, Spotify et Amazon Music) jouent un rôle important pour rémunérer la diffusion des chansons auprès du grand public.

Comme vous pouvez le constater, faire appliquer le droit d’auteur dans l’univers de la musique aujourd’hui n’est pas une mince affaire 👀

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Vous avez déjà lu une bonne partie de cet article, j’ai l’impression qu’il vous intéresse 👍

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2) Le selfie du singe

Cette photo de singe est dans le domaine public

Ce selfie, pris par un macaque, a de quoi faire sourire 🙂 Pourtant, il a été au cœur d’une bataille juridique qui a duré 5 ans ! Il a aussi remis en question une partie du droit d’auteur 😮

Imaginez : en 2011, en Indonésie, un macaque curieux s’empare de l’appareil photo du photographe David Slater et se prend en photo. Et oui, ce singe (qui sera baptisé « Naruto ») se fait un selfie en toute tranquillité 🙂

Rapidement, cette photo fait le buzz sur internet et elle devient célèbre dans le monde entier. David Slater, le photographe, a alors compris qu’il avait de l’or entre les mains et il a revendiqué les droits d’auteur. Mais la situation a pris une tournure inattendue quand une association de défense des animaux, le PETA (People for the Ethical Treatment of Animals), est entré en scène. L’association a affirmé que si quelqu’un devait toucher les droits d’auteur, ce devrait être le singe !

La justice américaine a dû trancher : peut-on accorder des droits d’auteur à un animal ? La réponse a été un non catégorique, affirmant que les droits d’auteur étaient une affaire d’humains uniquement. Malgré cette décision, un accord a été trouvé hors tribunal, David Slater acceptant de reverser une partie des revenus générés par les photos à des organisations protégeant les macaques en Indonésie.

Au-delà des rires que cette histoire a pu susciter, elle permet de comprendre les zones grises de notre système juridique quand il s’agit de créativité, de propriété intellectuelle, et des droits des animaux.

Décidément l’application du droit d’auteur peut prendre des tournures surprenantes 🐵

3) Mickey

Mickey Mouse, la star incontestée de Disney, est tombé dans le domaine public le 1er janvier 2024. C’est un moment historique : pour la première fois depuis sa création en 1928, l’icône souriante de « Steamboat Willie » peut être librement utilisée, sans que Disney ne touche un centime.

Le dessin animé « Steamboat Willie » est maintenant dans le domaine public

Durant des décennies, Disney a joué au chat et à la souris avec le droit d’auteur. La société a réussi à garder Mickey sous son aile protectrice en incitant fortement les pouvoirs publics à effectuer des modifications législatives en sa faveur. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et Mickey est finalement devenu un bien culturel libre.

Vous pouvez utiliser Mickey pour créer des œuvres, des parodies, des produits dérivés… Par exemple, un film d’horreur mettant en scène un Mickey psychopathe dans un parc d’attractions est sorti début 2024 😅 Bref, Mickey peut-être utilisé par tous, ce qui est un véritable tournant pour la culture populaire.

Mais ne vous emballez pas trop vite, Disney ne va pas laisser son personnage fétiche sans lutter. Grâce à des marques déposées et à une stratégie juridique solide, Disney s’assure que Mickey reste partiellement sous son contrôle, même si certaines de ses premières aventures sont maintenant publiques.

L’affaire Mickey dans le domaine du droit d’auteur est un moment clé de notre culture, qui montre comment les lois s’adaptent (ou non) à l’évolution de notre société.

Suivez l’actualité car cette histoire de Mickey est loin d’être terminée et elle promet des rebondissements juridiques passionnants !

Le droit d’auteur à l’épreuve de l’IA

Aujourd’hui, l’Intelligence Artificielle pose aussi des questions sérieuses quant au droit d’auteur :

  • Une œuvre générée par une IA est-elle soumise au droit d’auteur ? A priori non, vu que cette création est non-humaine. Pourtant de nouveaux artistes, utilisant exclusivement l’IA, produisent des œuvres originales dont le style est bien reconnaissable.
  • Qui serait le bénéficiaire des droits d’auteur d’une œuvre générée par une IA ? Est-ce l’utilisateur qui a guidée la génération de l’œuvre ? L’entreprise qui a développé l’IA ? L’IA elle-même ?
  • Peut-on utiliser librement les œuvres soumises au droit d’auteur pour entrainer les IA ? A priori, le « droit d’entrainement » n’existe pas, néanmoins les créateurs d’IA exploitent le travail des auteurs pour leur propre bénéfice, c’est qui est injuste. Le New-York Times a d’ailleurs déposé plainte contre OpenIA à ce sujet en décembre 2023.

Ces sujets font actuellement débat et il faudra certainement des années aux juges et aux législateurs pour les trancher. En attendant, les IA sont de plus en plus utilisées et les conséquences dans la société sont déjà massives. Vous devez suivre ces affaires avec attention si vous utilisez l’IA pour votre travail 🔎

Pour conclure

J’espère que cet article vous aura permis de comprendre ce qu’est précisément le droit d’auteur en théorie et pourquoi son application est si complexe à travers les histoires du piratage de la musique, du selfie du singe et de Mickey. Le droit d’auteur va probablement changer avec l’arrivée des IA, que ce soit pour la protection des contenus générés par IA ou l’utilisation des œuvres soumises au droit d’auteur pour leur entrainement.

Bref, l’actualité du droit d’auteur est assez brûlante et c’est passionnant à suivre 🔥


Merci pour votre attention 🙂, j’espère que cet article vous aura donné une vision d’ensemble sur le droit d’auteur. La principale source d’informations pour cet article sont les pages de Wikipédia sur le droit d’auteur, les selfies de singe et le Copyright Term Extension Act. Merci aux bénévoles qui contribuent à améliorer et maintenir ce site 👍